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Textes & poèmes de Djamel Louafi Les textes & poèmes publiés dans cet espace sont protégés : toute utilisation, même partielle, est interdite sans l’autorisation de l'auteur.
(1). Dans l'amalgame des saisons Voila le clair automne !... Dans son somptueux ornement,
le feuillage translucide vibre de volupté et s'adonne à ses dernières
rêvasseries… |
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(2). Sur le rapport de deux tons En peinture, les mondes de la lumière et de l'ombre ont si longtemps été sujets de controverse que chacun s'est interrogé, à un moment ou à un autre, leurs rapports mutuels*. D'après Cézanne, " L'ombre comme la lumière est une couleur, mais brillante ; lumière et ombre ne seraient donc que le rapport de deux tons. " Si cette observation a certes le mérite de la logique et de la simplicité, comment ne pas être tenté de lui opposer, aujourd'hui, d'autres hypothèses fondées sur une évolution des sciences et des connaissances ? Sans doute le premier artiste fut-il cet homme qui, par sa délicatesse de sens et son discernement, façonna un bonheur de l'esprit assimilable à une sorte de " sensualité spirituelle ". Mais on considère que la souffrance aussi façonne. Comme l'ardeur du soleil donne aux articulations le mouvement et la vie mais parfois dégénère en géhenne, elle peut, dans les conflits et les peurs infantiles, se transformer en flammes brûlantes qui réduiront la vie en cendres. Je pense souvent à Van Gogh qui, poussé par sa foi inébranlable, s'est efforcé de projeter sur les heurs et malheurs de ses proches le miracle de sa lumière. Toute la richesse de ses sentiments s'est répandue dans ses tableaux en touches fauves et exubérantes, couleur de sang et d'or, infiniment évocatrices de cette lumière. Aux ciels couverts et courroucés, annonciateurs d'orages, il a préféré des arbres irisés croulant sous les fruits et des champs lourds de moissons animés d'une vibration qui pénètre le cœur et l'être. Pourtant cette âme plaintive aux profondeurs abyssales ne trouva en son temps ni compréhension ni considération. La névrose et les délires de l'artiste l'exposèrent au contraire au dédain et au rejet de ses contemporains. A cette tentative lumineuse je ne peux m'empêcher de comparer la plongée dans l'enfer de l'inconscient de nombreux artistes qui travaillent une pâte onctueuse, chargeant la toile de teintes sombres et dramatiques accordées à leur être profond. De l'opposition de l'ombre et de la lumière naît, avec le clair-obscur, un antagonisme dont le mystère incessamment me hèle sur mes voies de la connaissance. Djamel Louafi * " Aucune matière ne peut être intelligible sans ombre ni lumière ", estimait Léonard de Vinci. |
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(3). La peinture surréaliste Devant la réalité mouvante des lettres, l'art subi constamment des métamorphoses qui donnent naissance à divers courants littéraires, entre autres : le surréalisme qui doit être patiemment mûri, sans que soit pour autant mis en question la validité de l'œuvre classique qui reste valable pour plusieurs générations. Un double écueil apparaît d'emblée : d'une part tout un ensemble d'œuvres surréalistes à opérer dans une production prolifique non décantée par le temps; d'autre part, l'inévitable recours à une nouvelle lecture : ouvrir des voies nouvelles à l'imagination, autant vouloir aussi disséminer le monde de la réalité mettant fin à toutes les valeurs traditionnelles, ce qui provoqua à l'époque un choc émotionnel dans une civilisation qui a perdu sa raison d'être de l'incommensurable monstruosité de l'entre deux -guerres. Créateurs de situations nouvelles, soumis à leur libre imagination, les surréalités ont donné le sens d'une imagerie qui se veut non pas florissante, mais délirante. N'y a-t-il pas plusieurs exemples plus riches de portée, de conséquence qui aient un objectif, lin d'en arriver à de piètres résultats ? Citons l'exemple de ces statues exotiques de WLAM dans la " jungle ", aux différentes formes d'êtres " démonologiques " qui, dans leur ronde infernale, évoluent dans le tourbillon d'une danse sans fin…. Et Roberto Matta, dans " le vertige d'Eros ", a élaboré une extraordinaire architecture, créant des espaces vides, ou se dressent d'informes masses imaginaires : du futurisme !... Puis Oscar Dominguez crée à son tour des assemblages d'objets insolites, plutôt poétiques : une sorte de défi à la sensibilité…. Il m'est difficile en pareil domaine d'être exhaustif sans que nous avions notés, par ses thèmes de prédilection et qu'aujourd'hui les intellectuels s'engouent de sa puissance visionnaire. Cela nous amène à réfléchir…. Ce nouveau courant surréaliste a pu unir technique et spontanéité, à la fois " automatique " et " romantique ". En effet, le surréalisme, en tant que doctrine morale et esthétique, non seulement issu du symbolisme, mais d'un symbolisme qui obéit instinctivement à des " conditions morales de la création ". C'est qu'aucune œuvre d'art, qui est d'abord un temps de voix, une expression poétique, n'a jamais été créée pour être abandonnée à l'ombre, mais pour être témoin d'une époque dans la mesure ou elle apporte un '' plus littéraire'' supplémentaire. Qu'un poète, un peintre, crée un monde imaginaire, le voila libéré du carcan et de la contrainte qui ne sont que la pierre d'achoppement pour le bon déroulent de l'Histoire de la Peinture. Djamel Louafi |
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(4). La moisson On ne peut songer à évoquer la twiza- l'entraide- surtout dans notre région qui foisonne en blé, sans parler de la moisson allant de Mai à l'arrivée des grandes chaleurs. N'oublions pas avant tout ces claires et tièdes journées automnales, embrasées de douceur, ou la terre minérale qui, fraîchement marquée par l'araire, exalte une dense vapeur…… Des graines qui, semées à plaines mains sont une manne inouïe que l'on récoltera et partagera généreusement……Qui de plus poétique pour le semeur, cet amour pour sa terre, solide et sure à ses pieds !.... Puis le printemps arrive, étalant de longs tapis de coquelicots et violettes plus éclatants dans leur féerique harmonie. Des jouvenceaux, à dos d'âne, sillonnant les sentiers abrupts, musent à travers les champs d'orge et de blé, d'hameau en hameau pour annoncer solennellement la prochaine moisson….... Tôt le matin, emportés par la romance du vent comme une mer porteuse d'effluve les épis blondes s'abandonnent à leurs rêve, chancèlent et se resserrent de crainte d'être fauchées par le geste auguste de la faux…… Sous un soleil dardant ses rayons brûlants, plusieurs moissonneurs, dos courbés, et au teint basané, animés de courage, sont imprégnés d'une solidarité pour un rude effort abordé sans répit, mais avec fierté. Ils fredonnent de temps à autre des airs nostalgiques pour un brin d'ivresse d'une grande attente, en fin le temps d'un soupir !.......Dépiquage, puis vannage sous l'effet du vent, deux opérations émanant une odeur céréalière mêlée au parfum chaud de la verte moisson; de quoi réveiller en nous les célèbres " cribleuses " de Courbet…. Ainsi, loin d'entraver le moissonneur dans son milieu naturel c'était la l'une des traditions, venant du fond des âges pour lui faire sentir sa liberté. Néanmoins, ayant commencé à accomplir sa besogne, il est tout surpris finalement de faire de la poésie soufflée par cette nature familière puissamment attaché à elle, pour puiser dans le fond des plus belles vertus. Eté 2004 Djamel Louafi |
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